Sapeur-pompier volontaire, chef de centre à Ménigoute (Deux-Sèvres), l’adjudant François Brangier a vécu une nuit très particulière, du 14 au 15 décembre 2003, qu’il n’est pas près d’oublier…
Texte > Pauline Catalan Photos > Sdis 79 > spmag954 fév2004
A 36 ans, l’adjudant François Brangier, sapeur-pompier volon- taire à Ménigoute (Deux-Sèvres), est un homme heureux : dans la nuit du 14 au 15 décem- bre dernier, il a réussi à sauver trois fillettes d’un appartement en flammes, tout près de son domicile. C’est vers deux heures et demi, cette nuit-là, que le feu prend accidentellement dans un appartement situé dans un immeuble en face de celui du pompier volontaire. Le logement est occupé par une mère et ses trois fillettes : Céline, 11 ans et demi, Sophie, 8 ans, et Lydie, 2 ans et demi. Le feu gagne très vite la chambre des petites, et la mère, sachant que François est sapeur-pompier volontaire, va frapper à sa porte. Tout va alors très vite. Tout en demandant à son amie de prévenir les secours, François Brangier, chef du centre de secours et employé municipal, se précipite au pied de l’immeuble où il aperçoit les petites devant la fenêtre, à environ 3,5 mètres du sol. Il n’y a pas de temps à perdre. « J’ai demandé à la plus grande de prendre sa petite sœur Lydie sous les bras et de la laisser tomber pour que je la réceptionne », explique-t-il. Mais en réceptionnant la petite fille, il se rend compte du poids que cela représente. « Je me suis alors dit que je n’y arriverais pas pour les plus grandes. Une idée m’est venue, très vite. J’ai dit à la grande de tenir bon quelques instants. J’ai couru pour récupérer ma voiture, que j’ai garée sous les fenêtres de l’appartement sinistré. Je suis monté sur le capot, ensuite sur le toit, ce qui m’a permis de récupérer les deux autres filles sans problème. Tout cela n’a pas pris plus de trois minutes », poursuit-il.
« Le plus beau cadeau »
Après avoir mis les personnes sinistrées à l’abri dans son appartement, François Brangier court rejoindre le fourgon du centre de secours pour éteindre le feu. Mais comme les fenêtres de l’appartement étaient restées ouvertes, les flammes se sont propagées à très vive allure. Père de famille lui-même – ses propres filles, âgées de 11 et de 5 ans, ont vu le sauvetage depuis leur appartement –, il se rend bien compte des risques de la situation et considère son issue comme « le plus beau cadeau qu’un pompier puisse recevoir ».
Mais François Brangier souhaite partager sa joie avec tous les pompiers : « Beaucoup d’actes des sapeurs-pompiers passent inaperçus, et c’est dommage », explique-t-il. Et d’ajouter : « L’engagement de sapeur-pompier se fait au détriment de la vie de famille mais, pour moi, c’est une vraie passion ». Ce qui lui plaît ? « Le fait de venir en aide aux gens, d’abord, mais aussi l’ambiance dans la caserne, mon rôle de chef de centre. » Au début pourtant, ce n’était pas une évidence. « Je me suis engagé le 1er janvier 1991. Moi-même, je n’y pensais pas, mais on est venu me chercher. J’avais déjà été pompier pendant mon service militaire dans l’armée de l’air. » C’est depuis décembre 1999 que François Brangier est chef du centre de secours de Ménigoute, disposant d’un effectif de 23 sapeurs-pompiers volontaires, dont deux médecins, et d’une section de Jeunes sapeurs-pompiers. Le centre effectue quelque 200 interventions par an : des feux, des accidents, des sauvetages… « Mais cette nuit-là restera toujours le souvenir le plus fort de ma carrière », conclut-il.